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L’addiction alimentaire diagnostiquée par la Yale Food Addiction Scale version 2,0 est fréquente chez les patients obèses mais n’est pas associée aux complications de l’obésité

Résumé : Introduction et but de l’étudeL’obésité est une pandémie responsable de nombreuses complications. L’addiction alimentaire (AA) est un concept récent pouvant expliquer en partie l’échec de la prise en charge de l’obésité. L’objectif de notre étude était donc de déterminer la prévalence de l’AA dans une population de patients obèses éligibles à la chirurgie de l’obésité, et le phénotype clinique du patient obèse ayant une AA.Matériel et méthodesLe Yale Food Addiction Scale (YFAS) 2,0 est le questionnaire validé qui a été utilisé pour le diagnostic d’AA. Il était rempli par chaque nouveau patient consultant dans l’unité de nutrition pour la prise en charge d’une obésité.Les données sociodémographiques et cliniques étaient collectées rétrospectivement à partir de patients obèses vus en consultation de nutrition de décembre 2016 à mars 2018. Tous les patients ayant rempli le questionnaire YFAS ont été inclus dans l’analyse. Les données qualitatives étaient analysées à l’aide du test du Chi2 ou Fisher exact et les données quantitatives par l’analyse de variance à un facteur (ANOVA).Résultats et analyse statistiqueDeux cent vingt-six patients obèses ont rempli le questionnaire YFAS 2,0. Parmi ces patients, 44 (19 %) ont été exclus de l’analyse car les questionnaires étaient mal remplis. Quatre-vingt pour cent étaient des femmes. L’âge moyen était de 43,3 ans (± 13,7). L’indice de masse corporelle (IMC) moyen était de 42,9 kg/m2 (± 6,6). La prévalence d’AA était de 33 % (n = 60/182). Parmi ceux-ci, 57 % avait une AA sévère, 35 % une modérée et 8 % une légère. Parmi les patients éligibles à une chirurgie de l’obésité 39 % (n = 34/88) avaient une AA. L’AA touchait davantage les femmes et cela de manière significative : 37 % des femmes et 17 % des hommes (p = 0,02). Les données sociodémographiques telles que l’âge, la profession, le statut marital, la parentalité, le lieu de résidence et l’IMC ne différaient significativement pas entre AA et non AA. Il en était de même pour la prévalence des complications médicales (diabète, hypertension artérielle, infarctus du myocarde, syndrome métabolique, dyslipidémie, stéatose hépatique, syndrome d’apnées obstructives du sommeil, dyspnée).ConclusionPrès de 40 % des patients obèses éligibles à la chirurgie de l’obésité et adressés dans notre centre de référence rapportaient une AA. Cependant, l’AA n’était pas associée aux complications de l’obésité. Il reste maintenant à déterminer si la présence d’une AA est ou non prédictive du succès de la prise en charge médico-chirurgicale de l’obésité, et si une prise en charge addictologique personnalisée dédiée permettrait le maintien de la perte de poids à long terme.
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https://hal.ehesp.fr/hal-03127949
Contributor : Scd Ehesp <>
Submitted on : Monday, February 1, 2021 - 7:07:12 PM
Last modification on : Tuesday, May 4, 2021 - 2:46:04 PM

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Citation

M. Som, David Val-Laillet, Aymery Constant, R. Moirand, R. Thibault. L’addiction alimentaire diagnostiquée par la Yale Food Addiction Scale version 2,0 est fréquente chez les patients obèses mais n’est pas associée aux complications de l’obésité. Nutrition Clinique et Métabolisme, Elsevier Masson, 2019, 33 (1), pp.85-86. ⟨10.1016/j.nupar.2019.01.383⟩. ⟨hal-03127949⟩

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