A. L. Parentalite-a-l'oeuvre and . .. Dans-l'intervention,

, 44 2. Parentalité : Des moments de protection sans limites

.. .. , 52 2. Recours à l'entourage familial : des solidarités familiales très diverses, Les modèles d'intervention

C. L. Conditions-d'une-redefinition-choisie-du-mode-d'intervention,

.. .. L'impuissance, Supports et tiers : les conditions de l'accès à une forme d'autonomie par la définition d'une indépendance mutuelle

, Comment les parents interviennent-ils ? Après avoir étudié leur conception de l'autonomie de leur enfant, nous nous intéresserons à la manière dont, pratiquement, ils la définissent : il s'agira notamment d'étudier la place de la contrainte dans leur intervention, ses formes et ses degrés, la manière dont elle est légitimée

, Comment cette intervention est-elle définie ? Nous mettrons en évidence que les modes d'interventions se révèlent très contrastés, bien que s'inscrivant initialement dans une référence à une conception commune de la parentalité

, La triple responsabilité des parents Les troubles psychiques de l'enfant engagent et révèlent différentes dimensions de la responsabilité parentale

, comme une extension d'eux-mêmes. Ils en sont les « producteurs », les « auteurs », non seulement en tant qu'ils en seraient les géniteurs, ce qui n'est pas toujours le cas, mais aussi en tant qu'ils les ont élevés, Les parents peuvent se sentir responsables causalement de ce qu'est et devient leur enfant 97 , responsables de ses réussites et de ses échecs

. «-y-en-a-qui-comprenaient-plus and . Difficilement, Mais au début, c'était pas facile. Les gens ne savent pas si vous voulez, ils? Ils vous disent : « ah oui, il faudrait que tu fasses?, il faudrait qu'il travaille? ». C'est difficile à expliquer. Je crois que? C'est l'éternel problème d'expliquer ce qui se passe aux gens

M. Bungener, « Vivre hors les murs de l'hôpital psychiatrique : le rôle incontournable de la famille en ce début de siècle, Sciences sociales et santé, issue.1, p.110, 2001.
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DOI : 10.7202/000325ar

URL : http://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2001-n46-lsp376/000325ar.pdf

, De plus, l'efficacité contre tout « effet de collusion » est mise en doute : la possibilité que le second médecin aille à l'encontre de l'avis du premier, notamment, a été interrogée 115 . Mme Morvan témoigne cependant de plusieurs expériences où son fils, amené aux urgences de l'hôpital de sa ville, après avoir été vu par un médecin, la première fois par un médecin généraliste, la seconde, par un psychiatre de SOS-Psychiatrie, a été laissé libre de partir, sans qu'apparemment l'interne de garde ait jugé bon de consulter les parents ou le premier médecin certificateur sur ce qui était à l'origine de la demande d'hospitalisation. Mme Géraud rapporte, de façon analogue, que l'HDT de son fils, Cependant la loi fait l'objet de nombreuses critiques : les barrières destinées à empêcher les hospitalisations abusives ajoutées aux politiques de déshospitalisation auraient pour effet des « désinternements abusifs », dénoncés par les familles 114

, Je dis : « mais vous, vous voyez qu'il a besoin d'être soigné ou vous voyez qu'il n'a pas besoin d'être soigné ? », « nous, non, on voit qu'on a besoin que vous signez ». Bon, on avait envoyé? Moi j'avais besoin de savoir si, médicalement, il voyait devant eux une personne qui avait besoin d'être soignée ou pas. C'est quand même étrange. Nous, c'est c'est vrai qu'on se disait : s'il est dans la rue, on préfère qu'il soit à l'hôpital. Enfin, voyez, c'est là qu'on est dans une confusion. » Mme Géraud De fait, les « hospitalisations à la demande d'un tiers » sont pour partie des hospitalisations à la demande d'un médecin. Les HDT « à la demande d'un médecin » peuvent faire suite au diagnostic d'une nécessité d'hospitaliser et au constat d'un refus ou correspondre au désir d'éviter une HO, procédure considérée comme plus lourde. Elles peuvent aussi se situer aussi en anticipation d'un changement d'avis possible du malade, consentant de prime abord, Les familles confrontées à ces procédures peuvent s'interroger sur des règles qu'elles ne connaissent généralement pas et qui ne leur sont pas expliquées par les professionnels. Mme Géraud s'interroge ainsi sur le rôle de la signature qui lui est demandée lorsque son fils est hospitalisé à Lorient (elle-même habitant à Paris) suite à une rixe : y a-t-il ou non nécessité médicale d'hospitaliser et si oui, pourquoi leur demander leur avis ? « (?) j'avais signé, à Lorient j'avais signé une HDT par fax. Je me souviens que je leur avais dit à Lorient : « vous estimez qu'il doit être hospitalisé, pourquoi vous avez besoin de ma signature ? ». Oui, parce qu'il y a ça aussi, les signatures. Et on m'a dit : « non, on préfère que vous signez

, Mais pour eux, non. Donc moi quand je suis arrivée là, j'ai dit : « écoutez, je suis prête éventuellement à re-signer si on estime -donc il était resté à peu près trois semaines à Lorient -si ça suffit pas », « écoutez, par chance le psychiatre est encore là ». Bref, j'ai pu voir le psychiatre. Il m'a dit, toujours très froid avec moi, ne voulant pas du tout d'être dans une relation avec moi : « écoutez, il a signé? ». Et puis à ce moment-là, il y a projettent un doute sur les choses jugées stables : le caractère d'une personne qu'on connaissait, les relations qu'on avait avec elle, le fait de la considérer comme responsable de ce qu'elle fait, la possibilité de se référer à ses propos, de se fier à sa parole. Que ce soit par le constat de logiques d'action chez l'autre qu'on ne comprend pas ou par l'expérience directe de délires, les proches sont confrontés à la possibilité de l'imprévisible, qu'il s'actualise ou non. Ils vont alors chercher de l'aide auprès de différents recours, ne s'orientant pas immédiatement vers la psychiatrie, comme nous l'avons vu. Mais une fois l'orientation psychiatrique faite ou conseillée, les proches peuvent ignorer le fonctionnement de la psychiatrie, les services d'urgence existants, les différentes structures d'accueil, le fonctionnement en secteurs, ou n'en avoir qu'une connaissance partielle : « et puis il faut trouver un cadre de soin, parce que comme c'est sectorisé? en fait il faut trouver un équilibre avec le médecin du secteur, équilibre au sens où chaque fois qu'il y a un problème, bon, il faut revenir au médecin du secteur, quoi, c'est mieux d'avoir la même personnalité qui puisse suivre dans le temps l'individu parce que sinon? quelque fois, vous ne savez même pas que ça existe? Et on vous dit pas que ça existe, hein, on vous présente pas par exemple l'organisation des soins psychiatriques en France, hein, ou à Paris, ou? Donc, vous naviguez en fonction, nous on a appris l'adresse d'un psychiatre par?, après celui qui était intervenu pour? faire hospitaliser notre fils par l'intermédiaire d'un ami en province qui a eu quelqu'un de malade et qui nous a dit 'Ben tu vas voir le professeur Untel, à la Salpêtrière, il va t'aider, etc.' Donc on est allés le voir, évidemment. Et après donc vous tombez en milieu hospitalier, mais vous ne savez pas que la Pitié-Salpêtrière par exemple, ils peuvent pas hospitaliser sous contrainte. Donc il faut être en hospitalisation libre. Par exemple, vous y allez, vous dites, 'Ben voilà, je vais pas bien, je voudrais être hospitalisée », alors on vous met à l'abri pendant quelque temps, et puis si le lendemain matin, ou? la tête de l'infirmier vous revient pas, bon eh bien vous dites 'ciao', vous partez et puis voilà terminé ! » M. Vincenti La présence d'explications dès le début de la prise en charge est un fait relativement rare dans les récits entendus : nombre de parents déplorent la difficulté d'avoir un contact avec un psychiatre et d'en recevoir des explications -ne serait-ce que des explications quant à la politique du service ou du psychiatre en question au sujet de la relation avec les parents, notamment si cette politique est d'affirmer qu'ils n'auront de relation qu'avec le seul patient afin de privilégier une relation de confiance avec lui. Les proches vont progressivement acquérir des repères, identifier les solutions qui marchent, mais il subsiste souvent des zones d'ombres importantes, dont ils ne connaissent pas toujours même l'existence : la difficulté de s'informer ne tient pas seulement à la difficulté de trouver les informations pertinentes mais également au fait de ne pas savoir ce qu'il faudrait savoir, problème classique de l'ignorance. Non seulement les proches ignorent le plus souvent ce qu'il faudrait faire, mais même l'orientation vers la psychiatrie et l'hospitalisation ne va pas sans réticences : « C'est ça qui est super dur, c'est de bien réagir, L'intervention contraignante des parents sous la forme de la signature d'une HDT peut ainsi être sollicitée par les soignants, dotés de la supposition de leur compétence médicale. Elle reste assumée par les parents qui s'en sentent responsables et parfois coupables. Ayant eu à prendre une telle responsabilité, ils comprennent mal de n'être pas informés de la suite de la prise en charge, de n'être pas même parfois consultés sur les troubles dont ils auraient pu être témoins, et surtout de n'être pas toujours tenus au courant de la levée de l'HDT. Après le transfert de Lorient dans son hôpital de secteur, Mme Géraud va rendre visite à son fils le jour de son arrivée, et apprend alors que son fils n'est plus sous HDT mais a pu signer une décharge pour partir : « Donc, on avait signé à Lorient, donc pour nous, la signature, elle restait quand même valide

. C'est-pas-facile, Jérôme Gauthier La psychiatrie est un monde inconnu la plupart du temps. Les proches peuvent appréhender d'y avoir affaire

, Ils se trouvent ainsi dans une situation où leur cadre d'interprétation et ce qu'ils tenaient pour relativement stable est bouleversé par les troubles et où les sources de recours possibles leur sont peu ou mal connues. L'accès à la prise en charge lui-même ne va pas de soi, et il est décrit au cours de plusieurs entretiens comme un véritable « parcours d'obstacles

, la définition d'une indépendance mutuelle Face aux troubles, les proches se trouvent donc dans un premier temps dans une situation de vulnérabilité et de manque de prise sur leur vie, avec une faible marge de choix pour ce qui les concerne. C'est exactement ainsi que Robert Castel définit, à propos des situations de vulnérabilité sociale, ce qu'il appelle l'« individu négatif » : comme caractérisé par une situation de vulnérabilité, d'absence de marge d'autonomie, de possibilité de choix, de lisibilité de l'avenir 116 . Castel construit une conception de l'autonomie de l'individu qui met en évidence les conditions de son exercice

R. Castel, R. Cl, and . Haroche, Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi. Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi.Entretiens sur la construction de l'individu moderne, Castel, Les Métamorphoses de la question sociale , Gallimard, Folio essais, 1999.

R. Castel and C. Haroche, 13 « S'agissant de l'individu, qu'est-ce que l'on entend en effet constamment dans le discours libéral ou néolibéral ? Qu'il y a des individus qui ne demandent qu'à s'exprimer comme tels, à développer leurs capacités d'initiatives bridées par des contraintes de type étatique, bureaucratique. Il suffirait donc de libérer l'individu de ces contraintes pour qu'il donne sa pleine mesure et qu'il devienne plus productif sur le plan économique, mais aussi qu'il s'épanouisse sur le plan personnel

, Dans le cas des familles confrontées aux troubles, nous avons identifié, au fil de l'analyse

. D'une-certaine-manière, est aussi celle qui est la moins choisie par les parents. Ainsi, ce qui facilite l'expérience des troubles est le fait de disposer, dans son entourage ou de façon relativement accessible -de recours pouvant orienter vers le type de prise en charge adaptée, pouvant donner des informations tant sur un plan pratique qu'au sujet de la maladie, -de relais dans la prise en charge : à commencer notamment par une prise en charge effective par des personnes dont les parents peuvent estimer qu'elles sont compétentes. Ils ont alors le sentiment de n'être pas seuls responsables de ce qui arrive à leur enfant. Mais il a fallu dans certains cas 8 ans (Mme Miquel), et jusqu'à 15 ans (Mme Pryor, qui avait identifié des troubles chez son fils dès avant 2 ans) pour que l'enfant soit suivi, nous dirions que les parcours tendant le plus vers le modèle d'intervention extensive indiquent en creux ces éléments, et par suite que l'intervention la plus grande dans la vie de l'enfant, celle qui peut être la plus « envahissante », la plus intrusive, ou tendre le plus vers le contrôle au quotidien

, ne serait-ce qu'en passant un coup de téléphone, tout ceci peut soulager les parents et leur permettre de se déprendre du sentiment qu'il est nécessaire d'être présent à chaque instant. Le fait que les deux parents soient investis et relativement d'accord sur la définition de la situation et les modalités de prise en charge permet à chacun de « s'épauler », même lorsqu'ils sont séparés au moment de l'apparition des troubles (M. Causse). De fait, les troubles tendent à mettre les relations familiales à rude épreuve et à exacerber les tensions. De nombreux interviewés témoignent de dissensions importantes avec leur conjoint (Mme Géraud, Mme Sangaré, Mme Lapointe, Mme Daniel), et si les récits de M. et Mme Bertrand étaient très cohérents entre eux à part un ou deux points de désaccords dont ils pouvaient parler avec humour, ce qu'annonçait Mme Benjamin au début de son entretien, « Vous verrez, mon mari vous dira quelque chose de très différent, Mais les relais dans la prise en charge ne sont pas que médicaux : le fait qu'un membre de la famille accueille l'enfant pour quelques jours, ou que les parents puissent partir en vacances en « confiant » l'enfant à l'attention d'un voisin (M. Vincenti) voire d'un commerçant du quartier (M et Mme Benjamin)

, L'existence de relais dans la prise en charge permet aux parents de n'être pas seuls face aux troubles, d'avoir une marge d'action plus grande, ne serait-ce que dans la disposition de son emploi du temps, et de se départir du sentiment éventuellement éprouvé de la responsabilité entière du sort de l'enfant. C'est pourquoi nous avons

, Si un refus est opposé par le commissaire de police, ce peut être afin de préserver les libertés de l'enfant, mais négativement, en les protégeant d'une atteinte qui pourrait leur être faite ; opposé par un médecin, ce peut être dans l'intention de chercher avec la personne une démarche volontaire de soin. De plus, cette intervention « négative », d'empêchement, peut avoir des effets positifs de mise à distance. Elle offre alors à l'enfant la possibilité d'une marge d'action différente de la simple alternative : se conformer aux injonctions parentales/ désobéir et donne par ailleurs au parent la possibilité de redéfinir son action, Cet effet de « tiers » peut être joué par un autre type d'intervention, que nous avons nommé les tiers-obstacles : ce tiers intervient de façon toute négative dans l'intervention des parents

, Par rapport à -et contre -cette position de la question de l'individu, on doit faire l'hypothèse qu'un individu n'existe pas comme une substance et que pour exister comme individu il faut avoir des supports, et donc s'interroger sur ce qu, une fois pour toutes et ne dépendait pas de conditions historiques et sociales d'existence

, Leur fils a eu un grave accident à l'âge de dix ans qui lui a causé un traumatisme crânien et différents handicaps. Tandis que la mère identifie des troubles psychiques dès l'âge de 17 ans et leur donne une signification psychiatrique, le père ne décèle de réelles manifestations psychiatriques qu'à l'âge de 21 ans qu

, Mais l'obstacle ne fait pas toujours office de tiers, c'est-à-dire précisément de s'interposer entre un parent et son enfant, entre un parent et son inquiétude. Il peut avoir l'effet inverse que nous avons noté plus haut

G. De-manière, Ceux-ci continuent le plus souvent d'aider leur enfant matériellement, et parfois de façon relativement extensive, s'occupant de son linge, de ses courses, parfois de ses repas, mais cela évite la cohabitation permanente. Ces conditions matérielles ont des conséquences très concrètes : toute perception de signes qui peuvent être interprétés comme manifestation des troubles est source d'inquiétude et tend à appeler une intervention, qui n'est pas toujours nécessaire. Mais la disposition d'un logement indépendant demande des moyens matériels importants. De plus, les troubles ne permettent pas toujours à la personne d'habiter seule, soit qu'il y ait eu plusieurs expériences catastrophiques (comme l'incendie que déclenche le fils de Mme Duchesne dans son studio), soit que l'inquiétude des parents ne leurs permette pas de penser la chose possible, soit enfin que l'enfant refuse. Des tiers-relais seraient alors des institutions d'accueil offrant différents niveaux de prise en charge et d'accompagnement. Il en existe, mais tous les témoignages dans les entretiens comme lors des observations des rendez-vous dans les permanences témoignent de la difficulté de trouver des places ou de trouver des structures adaptées aux troubles de l'enfant. Le fils de Mme Garcia vit aujourd'hui dans une institution en Belgique, dont les frais sont remboursés par la sécurité sociale et sa mutuelle. D'autres tiers-relais peuvent être incarnés dans une équipe soignante qui s'occupe de l'accompagnement dans la vie quotidienne de l'enfant malade. Cette expérience, vécue par Mme Duchesne, lui a permis de redéfinir entièrement la répartition de la « charge de la prise en charge ». Son fils aîné, après avoir été hospitalisé pendant deux ans, suite à l'incendie qu'il avait causé dans son studio en mettant le feu à ses tableaux, change de service à l'occasion d'une réorganisation de son secteur : « Là, il est allé dans un autre service, donc avec une nouvelle équipe qui s'est penchée sur son cas, qui ont dit : « mais c'est pas possible, il va pas rester toute sa vie à l'hôpital, il faut absolument qu'on lui trouve quelque chose, on peut pas le laisser, il est trop jeune pour rester comme ça ». Ils ont essayé de voir un peu ce qu'ils pouvaient faire. Ils m'ont dit : « vous essayez de lui trouver un studio, parentsenfant de construire une indépendance mutuelle : distance géographique, distance réflexive, distance tant à ses réactions premières qu'à une inquiétude envahissante. Les conditions matérielles se révèlent extrêmement importantes : le fait de pouvoir louer un studio indépendant, voire encore mieux, de l'acheter (ce qui évite les résiliations de bail en cas d'incidents et conforte la position face aux autres habitants de l'immeuble) permet de redéfinir les points d'intervention et de non intervention des parents

«. Moi, Ils en abusaient un peu parce qu'ils appelaient? Pendant un temps chaque fois qu'il y avait quoi que ce soit? Alors moi j'avais fini par faire un deal avec le service, de leur dire : « mon fils est sous curatelle de l'hôpital, moi j'ai dit aux voisins de vous appeler ». Le médecin qui était en ambulatoire, qui était dans le même service mais en ambulatoire au CMP

, Mme Duchesne Mme Duchesne conseille par la suite aux voisins d'appeler directement la police et de ne pas l'appeler elle en cas de problème : elle y voit non seulement une intervention moins délétère pour les relations familiales, puisqu'il n'y a pas exercice de la coercition entre ses membres, mais de plus une action plus efficace : « Il vaut beaucoup mieux que ce soit les voisins. Souvent, on dit aux voisins : « n'hésitez pas, plutôt que de nous prévenir, nous, vous appelez la police ». Nous, il n'y aura aucun impact. Avec la police, si elle vient, elle constate et notre fils ou notre fille comprendra mieux. Chaque fois que ça s'est passé comme ça, c'était beaucoup moins, j'allais dire, traumatisant. Disons que c'est l'irruption de l'ordre, du respect des autres et puis c'est tout. » Mme Duchesne Outre les éléments matériels, qui sont de réelles conditions pratiques de la redéfinition d'une intervention, le simple accès à des modèles alternatifs de préventions, à différentes représentations de la maladie entre lesquelles il est éventuellement possibles de jouer pour donner un sens à ce qui est vécu est également un facteur important. La démarche d'aller trouver une association ne va cependant pas de soi : il faut savoir qu'elle existe et penser qu'elle peut être utile. Il faut d'ailleurs avoir soi-même identifié le problème pour s'adresser à l'association adéquate. Les personnes interviewées, pour celles qui ont été rencontrées par l'UNAFAM, Q : Il avait été les voir ? Oui, oui, il a été voir le gardien et tout. Elle a dit : « écoutez, c'est moi que vous appelez

D. Fait, Cependant, il est possible que l'inquiétude dans laquelle les troubles psychiques jette les parents soit relativement semblable : le sentiment de l'ouverture des possibles et des risques rapprochant ceux qui les craignent de ceux qui les ont effectivement vécus. Enfin, le facteur temps apparaît être un élément essentiel : les parents se construisent au fil du temps une expérience, une expertise, des compétences, un réseau de ressources et de recours qui les aident, ce qui permet de connaître des périodes de stabilité -auxquelles la stabilisation des troubles peut participer, les situations, les incapacités, les manifestations des troubles, et les expériences de prise en charge que nous avons rencontrées peuvent être très hétérogènes

«. Et-puis-c'est-sûr, Beaucoup de familles, il n'y a pas un cas pareil, mais on est pris dans une sorte de chose qui vous dépasse. Du coup, finalement c'est pas évident de faire ce travail, de regarder en arrière. Enfin si, moi j'ai l'impression que je peux bien le faire maintenant. Mais on dirait qu'il faut en être passé par un certain nombre de choses et avoir pris du temps pour réfléchir, se faire aider, etc. Mais ce serait peut-être intéressant que vous voyez des gens qui sont pas au même stade. Là, c'est vraiment des histoires chaotiques

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, Merci aux bénévoles et salariés de la section de l'UNAFAM qui m'ont accueillie, m'ont permis

, Je remercie mon directeur, Nicolas Dodier, pour la confiance qu'il m'a témoigné

, Merci à tous ceux qui m'ont encouragée et soutenue, par leurs relectures et leur présence, Pierre Lenel qui a été là à des épisodes particulièrement critiques

, Merci à mes parents, mes premiers lecteurs, grands chasseurs de coquilles et de virgules mal placées

, Merci en particulier à Jeanne Lazarus, qui m'a communiqué un peu de sa sereine détermination dans