Émergence du chikungunya dans les Départements Français d’Amérique : résultats de la surveillance épidémiologique mise en œuvre en avril 2014 - EHESP - École des hautes études en santé publique Access content directly
Journal Articles Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire - BEH Year : 2014

Emergence of chikungunya in the French overseas territories of the Americas: organization and results of epidemiological surveillance, April 2014

Émergence du chikungunya dans les Départements Français d’Amérique : résultats de la surveillance épidémiologique mise en œuvre en avril 2014

Abstract

Although the Americas were free from chikungunya until November 2013, there was an increasing risk of emergence of this arbovirus in the French overseas territories of the Americas due to the presence of a competent vector and increasing international trade with endemic areas. In mid-November 2013, clusters of cases of febrile syndromes with arthralgia were reported in St. Martin. The investigations confirmed the autochthonous circulation of chikungunya, which resulted in the activation of the Programme for monitoring, alert and outbreak management for chikungunya in the French overseas territories. This programme integrates surveillance and management interventions ranked according to the level of their epidemic risk. Epidemiological surveillance is based on primary data sources: outpatient medicine, clinical laboratories and hospitals. Data are also collected during entomological and epidemiological surveys. Depending on the level ranked, different spatiotemporal indicators related to biological confirmations, medical consultations, visits to hospital emergencies, hospitalized cases and their severity are monitored. At the end of April 2014, St. Martin, St. Barthelemy, Martinique and Guadeloupe were or had been in epidemic stage, while French Guiana was in a stage of moderate viral circulation limited to the successive emergence of clusters. Due to the decrease in the number of observed cases, viral circulation was ranked as moderate in St. Martin at the end of April 2014. The number of cases clinically suggestive observed in general practice and their impact in St-Martin, St. Barthelemy, Martinique and Guadeloupe were respectively estimated at 3,160 or 85‰, 470 or 52‰, 19,650 or 49‰, and 7,820 or 19‰ inhabitants. In all, 418 cases were hospitalized; for 229 of them the characteristics were investigated, and 13% were found to be severe. Six deaths, including 4 reported as indirectly related to chikungunya, and 2 deaths in the process of ranking, were reported. With the experience acquired in La Réunion, as well as with the dengue epidemics in the Caribbean and French Guiana, French overseas territories are currently implementing an integrated approach that brings together all the players of surveillance and response face to this sudden emergence of chikungunya.
Bien que les Amériques aient été, jusqu'en novembre 2013, indemnes de chikungunya, le risque d’émergence de cette arbovirose était considéré comme grandissant dans les départements et collectivités français d’Amérique (DFA), en raison de la présence d’un vecteur compétent et des échanges internationaux croissants avec des zones d’endémicité. Mi-novembre 2013, des cas groupés de syndromes fébriles avec arthralgies étaient signalés à Saint-Martin. Les investigations menées ont confirmé la circulation autochtone du chikungunya, entraînant l’activation, dans les DFA, du Programme de surveillance, d’alerte et de gestion de l’émergence (Psage) du chikungunya. Ce programme intègre des actions de surveillance et de gestion, graduées selon le niveau de risque épidémique. La surveillance épidémiologique est basée sur les sources principales de données que sont la médecine ambulatoire, les laboratoires de biologie médicale et les hôpitaux. Des données sont aussi collectées lors d’enquêtes entomo-épidémiologiques. Selon le niveau, différents indicateurs spatio-temporels relatifs aux confirmations biologiques, aux consultations médicales de ville, aux passages aux urgences hospitalières, aux cas hospitalisés et à leur sévérité sont suivis. Fin avril 2014, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Martinique et la Guadeloupe étaient ou ont été en phase d’épidémie tandis que la Guyane demeurait en phase de circulation virale modérée, limitée à l’émergence successive de foyers. En raison de la décrue du nombre de cas observés, Saint-Martin a été replacé en phase de circulation virale modérée à la fin d’avril 2014. Le nombre de cas cliniquement évocateurs vus en médecine de ville et leur incidence à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, en Martinique et en Guadeloupe étaient respectivement estimés à 3 160, soit 85‰, 470, soit 52‰, 19 650, soit 49‰, et 7 820, soit 19‰ habitants. Au total, 418 cas avaient été hospitalisés ; les caractéristiques de 229 d’entre eux avaient été étudiées et 13% s’avéraient sévères. Six décès, dont 4 classés indirectement liés au chikungunya et 2 en cours de classement, étaient rapportés. Grâce à l’expérience acquise à La Réunion et lors des épidémies de dengue aux Antilles et en Guyane, les DFA mettent actuellement en œuvre une démarche intégrée, qui fédère les acteurs de la surveillance et de la réponse face à cette émergence brutale du chikungunya.
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Dates and versions

hal-02064423 , version 1 (11-03-2019)

Identifiers

  • HAL Id : hal-02064423 , version 1

Cite

Philippe Quénel, Martine Ledrans, Sylvie Cassadou, Séverine Boucau. Émergence du chikungunya dans les Départements Français d’Amérique : résultats de la surveillance épidémiologique mise en œuvre en avril 2014. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire - BEH, 2014. ⟨hal-02064423⟩
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