Skip to Main content Skip to Navigation
Reports

Projet CREPS : Cartographie du Risque. Exposition et Perception Sociale Rapport BRGM RP 54030 FR

Résumé : Le projet CREPS (Cartographie du Risque – Exposition et Perception Sociale), soutenu par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale (AFSSE), a principalement trait à la représentation du risque et des incertitudes associées. Ce projet, qui a fait l’objet d’une collaboration entre le BRGM, l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) et le Bureau d’Etudes « Economie & Humanisme », s’est subdivisé en deux volets : Un volet calculatoire portant, d’une part, sur la prise en compte des incertitudes dans une évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS) et, d’autre part, sur l’exploration de modes de représentation cartographique de la répartition spatiale de l’excès de risque en présence d’incertitude. L’EQRS choisie pour cette analyse de l’incertitude est une EQRS réalisée par l’InVS en 2003 pour une ancienne papeterie située à Mennecy (Essonne). Un volet sociologique comprenant des enquêtes réalisées auprès de différents acteurs de la problématique « risques sanitaires » : des acteurs publics (Ministères, DRIRE, DDASS, DRASS-CIRE), des étudiants de l’ENSP, mais aussi des acteurs civils du dossier « Mennecy » (élus locaux, riverains, travailleurs de la papeterie, médecin de famille, etc.). Le principal objectif du volet sociologique était d’examiner dans quelle mesure des développements proposés dans le volet calculatoire pouvaient éventuellement trouver des applications dans un contexte de communication sur les risques et, si oui, à l’adresse de quels interlocuteurs ? En réalité, les informations recueillies dans le cadre des enquêtes ont dépassé cet objectif initial et fournissent également des enseignements touchant au domaine plus large de la communication sur les risques dans un contexte de crise. Le volet calculatoire montre en particulier comment, face à une information incomplète ou imprécise relative aux paramètres qui influencent le calcul de risque (fréquence d’exposition, concentrations d’exposition, VTR, etc.), une représentation par des distributions de possibilité (c’est à dire des familles de distributions de probabilité) permettait une propagation de l’incertitude afin d’estimer celle relative au risque calculé. Ce risque calculé peut être restitué par le biais de limites de probabilité haute et basse qui encadrent la probabilité que le risque soit inférieur à un certain seuil de tolérance. Ces limites haute (la Plausibilité) et basse (la Crédibilité) sont issues de la théorie dite de l’évidence de Shafer (1976). Il est souligné que l’objectif de la méthodologie proposée n’est pas d’aboutir à un résultat qui est plus « valide » que par d’autres méthodes, mais qui est par contre plus « cohérent » par rapport aux informations dont dispose l’évaluateur concernant les paramètres de son « modèle ». Accessoirement, l’interaction avec les experts de l’InVS dans le cadre de ce projet, a permis de vérifier que les « intervalles enrichis », que constituent les distributions de possibilité, se prêtaient particulièrement bien à la restitution de l’avis d’expert qu’ils étaient à même de fournir. L’application de la méthodologie proposée à une cartographie des concentrations en formaldéhyde calculées dans l’atmosphère au voisinage de l’ancienne papeterie, permet d’explorer différents modes de restitution de la répartition spatiale de l’excès de risque individuel. Pour les besoins de cette phase exploratoire, les concentrations émises par l’ancienne papeterie de Mennecy ont été amplifiées d’un facteur 300 afin d’obtenir des valeurs de concentration significatives en terme de risque. Les modes de restitution incluent des cartes de la répartition de la : Répartition des valeurs de probabilité basse (degré de Crédibilité de Shafer 1976) que l’excès de risque soit inférieur au seuil fixé par l’autorité sanitaire. Répartition des valeurs de probabilité haute (degré de Plausibilité de Shafer 1976) que cet excès de risque soit supérieur au seuil. Répartition des valeurs d’excès de risque correspondant à une probabilité basse (Crédibilité) de 95%. Des voies sont proposées pour définir un indicateur unique en présence d’information incomplète, en introduisant une « subjectivité a posteriori » par opposition à la « subjectivité a priori » introduite lorsque des distributions de probabilité uniques sont sélectionnées sans justification par l’information disponible. Le volet sociologique illustre tout d’abord la disparité, parmi les différents acteurs interrogés, des perceptions du risque et des manières de le représenter. Tandis que les étudiants de l’ENSP expriment une préférence pour l’expression d’un nombre de cas de cancers excédentaires et pour l’utilisation d’un « indice de confiance » pour communiquer sur les incertitudes, les acteurs publics (représentants DDASS, DRIRE, MEDD, etc) sont plus partagés. Une préférence pour l’expression d’un nombre de cas semble néanmoins se dégager. Elaboré en collaboration avec des experts du risque sanitaire et visant à présenter certaines notions « de base » en EQRS (notion d’excès de risque, de nombre de cas de cancers excédentaires), le passage du questionnaire technique auprès des acteurs civils de l’affaire « Mennecy » s’est révélé laborieux. La démarche de l’EQRS fait appel à des notions abstraites (risque potentiel, effets futurs, ...) qui sont très loin des préoccupations de personnes ayant subi les nuisances olfactives liées aux émissions de l’ancienne papeterie. On note toutefois un rejet très net de la formulation relative au nombre de cas, car l’EQRS conclut à la vraisemblance d’une absence de cas de cancers excédentaire ; or cette conclusion est jugée non recevable par les riverains qui ont subis les nuisances olfactives liées aux émanations de la papeterie. Le caractère « post-crise » de la situation à Mennecy a eu une influence importante sur les réactions rencontrées. L’enquête montre notamment comment « l’objectivité » à laquelle aspire l’expert ou le scientifique peut être en total décalage par rapport aux attentes des parties prenantes civiles, qui aspirent au contraire à être pris en compte en tant que « sujets ». Plusieurs points importants ressortent de l’enquête auprès de la société civile : L’utilisation, par les riverains de la papeterie, de la thématique sanitaire dans le but d’obtenir un écho à leurs revendications, écho qu’ils considéraient ne pas avoir lorsque les plaintes ne portaient que sur les nuisances olfactives. Sur ce dossier, l’EQRS a pu avoir, dans une certaine mesure, une fonction de « vecteur de concertation ». L’instauration d’une contre expertise, par l’intermédiaire d’associations de défense de riverains. L’effet apaisant de la campagne de mesure des concentrations en polluants dans l’environnement de l’ancienne papeterie, les riverains y voyant une action concrète réalisée dans leur intérêt. La relative inadéquation du discours très technique et abstrait de l’EQRS par rapport aux attentes des acteurs civils, L’enquête montre clairement que communiquer sur les incertitudes avec des personnes qui sont « certaines » d’être des victimes, est difficilement envisageable. Pour ce qui concerne la communication sur les risques, les enquêtes menées dans le cadre de ce projet illustrent la nécessité d’un travail de médiation, en amont de la communication. Or le savoir-faire requis pour ce type de médiation ne relève pas typiquement des compétences traditionnelles des experts du risque sanitaire. Par ailleurs, ce travail de médiation et de communication doit revêtir un caractère récurrent : la communication ne peut pas être envisagée comme relevant d’un processus réalisé « en une seule fois ».
Complete list of metadatas

Cited literature [13 references]  Display  Hide  Download

https://hal.ehesp.fr/hal-01756140
Contributor : Cyrille Harpet <>
Submitted on : Tuesday, April 3, 2018 - 10:19:23 AM
Last modification on : Sunday, October 25, 2020 - 7:06:20 AM

File

Rapport-CREPS-BRGM-INVS-E&H-54...
Explicit agreement for this submission

Identifiers

  • HAL Id : hal-01756140, version 1

Citation

Dominique Guyonnet, Pascale Michel, Cyrille Harpet, Volle Isabelle, Frédéric Dor. Projet CREPS : Cartographie du Risque. Exposition et Perception Sociale Rapport BRGM RP 54030 FR. [Rapport de recherche] BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) (Bureau de recherches géologiques et minières); Institut National de Veille Sanitaire; Economie & Humanisme. 2004. ⟨hal-01756140⟩

Share

Metrics

Record views

195

Files downloads

238