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Article dans une revue

Les mains dans la poudre. Ethnographie des normativités « en actes » autour des risques de l'impression 3D en laboratoire

Résumé : Nous avons examiné ici comment les acteurs.rices de laboratoires étudiant l’impression 3D métallique s’organisent face aux risques de cette technologie émergente, en prêtant attention aux négociations spécifiques auxquelles cette période donne lieu entre normes juridiques, technologiques et normes scientifiques ainsi qu’aux interactions entre ces différents registres normatifs. Travaillant sur des machines expérimentales, les acteurs.rices font face à une situation qu’ils décrivent comme « hors-norme » : les imprimantes 3D qu’ils.elles étudient ne sont pas stabilisées ni standardisées, leurs risques sont mal caractérisés. Les usages de ces imprimantes à des fins de recherche, donnant lieu à du « bricolage » et les pannes associées, renforcent la prise de risque – confirmant la spécificité de la recherche en matière de santé au travail. Dans ce contexte, les logiques de précaution et de prévention identifiées par la littérature autour d’autres risques professionnels incertains permettent de décrire la manière dont ont été prises les principales décisions en matière de sécurité et dont s’articulent, dans le quotidien des acteurs.rices, les normativités concernées. La logique de précaution, dont l’interprétation s’est opérée en amont de la recherche entre un nombre réduit d’acteurs.rices, a donné lieu au choix de séparer l’imprimante 3D du reste du laboratoire par un caisson aussi hermétique que possible. Elle isole, ce faisant, les acteurs.rices les plus précaires et les plus exposé.e.s du reste du laboratoire et acte une répartition spatiale et sociale des risques. La logique de prévention oblige l’employeur à former, informer, et protéger ses salariés. Si cette seconde modalité est complexe face à un risque émergent, la comparaison s’est révélée heuristique pour mettre en évidence des différences importantes entre deux des laboratoires étudiés, qui s’expliquent par les mobilisations inégales des « ingénieurs de terrain » dans la négociation de normativités en cours de construction. Les négociations auxquelles donne lieu la gestion des risques de l’impression 3D métallique permettent d’appréhender, dans le quotidien des acteurs.rices et dans leurs pratiques, des processus originaux de coproduction du droit, des sciences et des techniques. Si ces processus ne permettent pas de conclure quant à la qualité des mesures qui seront finalement adoptées pour protéger la santé et la sécurité des opérateurs.rices, ils confirment l’intérêt de la phase d’émergence technologique pour mieux comprendre la façon dont les normativités en jeu interagissent et dont les acteurs.rices, consciemment ou pas, se positionnent à leur égard.
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https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03333876
Contributeur : Stéphanie Lacour Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : vendredi 3 septembre 2021 - 11:56:58
Dernière modification le : jeudi 9 septembre 2021 - 03:34:55

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Fichier visible le : 2022-09-03

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  • HAL Id : halshs-03333876, version 1

Citation

Cynthia Colmellere, Lise Cornilleau, Stéphanie Lacour. Les mains dans la poudre. Ethnographie des normativités « en actes » autour des risques de l'impression 3D en laboratoire. Cahiers, Droit, Sciences et Technologies, Presses universitaires d'Aix-Marseille, A paraître. ⟨halshs-03333876⟩

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